RICMA 2018: Communications et Tables rondes

Mardi 25 septembre 2018

  • Deux communications ont meublé la matinée de ce premier jour des RICMA 2018

C2 Investir massivement dans les exploitations agricoles familiales pour une production agricole responsable, durable et compétitive:quelles attentes des professionnels agricoles par Mr Bernadin TOTO, SP PNOPPA 

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Investir massivement dans les exploitations agricoles pour une production agricole responsable, durable et compétitive: quelles réponses des politiques agricoles béninoises à l’horizon 2025 par Mr Marius AINA , DAPP/MAEP

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Une table ronde

 ” Instruments financiers disponibles dans le secteur agricole: source d’endettement ou levier de développement des exploitations familiales agricoles

Sous la modération de Monsieur David SOHINTO consultant- formateur, le panel a été constitué de quatre (04) personnes ressources. Il s’agit de :

  • Bienvenu ALLA, Chargé des opérations FNDA
  • Mme Céline Amouda SAIZONOU AKADIRI, Directrice FINAGRO
  • Valère HOUSSOU, DG ALIDE
  • Léopold LOKOSSOU, Président PNOPPA RICMA-2018- panel

Les Panélistes ont dans un premier temps procédé à un état des lieux sur le financement agricole en République du Bénin. Dans cet exercice les questions d’inadaptation de crédit (échéance et taux) et l’insuffisance de l’offre par rapport à la demande. Les Panélistes ont affirmé que sur un besoin de 300 Milliards en crédit agricole, les structures financière n’ont qu’une capacité de 24 Milliards. Cet état des lieux a également évoqué la question liée au taux très élevé de de crédits impayés pour lequel le Bénin affiche une très mauvaise image (21% pour un taux moyen de 10% pour toute l’Afrique de l’Ouest). Un cas concret tiré d’une expérience de ALIDE avec les Maraicher de Grand-popo dans le Mono a été évoqué. Lequel exemple a également fait ressortir la problématique relative au faible accès des Producteurs et Productrices aux informations sur le marché.

Cet état des lieux a ouvert la brèche sur la création du FNDA qui constitue un instrument financier disponible dans le secteur agricole  d’une part et principalement sur la réticence des banques et IMF vis-à-vis du financement du secteur agricole d’autre part. Le FNDA n’est pas une institution de financement aux producteurs mais un mécanisme mis en place par l’état pour faciliter l’accès au financement des entreprises agricoles et recommande vivement à ces derniers de bien voir les contraintes de financement avant de les choisir. Son dispositif opérationnel repose sur 02 Guichets : Un guichet investissement (Réhabilitation des pistes, réalisation des infrastructures en fonction des besoins réels des acteurs) et un guichet renforcement de capacités pour assurer la formation des acteurs.

Des débats, contributions et échanges avec les Participants il a été retenu ce qui suit :

  • L’Etat est invité à déposer les 10% du budget national consacré à l’agriculture dans les caisses du FNDA en vue de son renforcement ;
  • Le FNDA est déjà opérationnel sur le terrain. A cet effet les Acteurs agricoles doivent en faire une appropriation et œuvrer pour sa réussite ;
  • Les acteurs agricoles doivent améliorer leur dispositif organisationnel et définir un mécanisme efficace de réduction des taux d’impayé pour renforcer la crédibilité des Acteurs agricole et de leurs organisations ;
  • Analyser et adopter des dispositions pratiques de réduction des risques (Assurance et autres garantie)             

Mercredi 26 septembre 2018 

  1. Introduction des TIC en agriculture : quelle opportunité pour l’accroissement de la production et l’accès aux marches plus rémunérateurs et durables

Cette table ronde a été modérée par M. Karl JOB, Consultant Formateur en TIC est animé avec une

  1. par une équipe de spécialistes des questions liées aux TIC constituée de :
  2. KASSA Noé, Représentant du Directeur de l’Informatique et du Pré archivage (DIP/MAEP)
  3. Isaac BROU, Chargé NTIC Programme ACMA
  4. David SOHINTO, Directeur Cosinus
  5. Moutawakilou GOUNOU, Entrepreneur Agroalimentaire,                    ricma-2018-panel

Trois (03) principaux points ont meublé les échanges : (i) la pertinence des TIC dans l’agriculture ; (ii) les expériences fonctionnelles et leurs limites ; (iii) les mécanismes d’investissement des TIC en agriculture. Pour les Panélistes, la meilleure stratégie pour le secteur agricole est de garantir le marché avant de produire, du fait de la périssabilité des produits agricoles. Le digital apparaît alors comme un moyen de recherche et d’accessibilité au marché car il permet de capter, sécuriser et rendre disponible le produit sur le marché. Il intervient en amont et en aval sur la chaîne. Les TIC sont exploitées au niveau de :

  • Accès aux intrants : elles permettent de s’informer sur la disponibilité des intrants, leur qualité et les prix ;
  • Production : les TIC favorisent les conseils entre les acteurs sur les bonnes pratiques de production et matériels utilisés, les innovations, la disponibilité des tracteurs, les informations sur les points d’aliments bétails et retenue d’eau dans les couloirs pour les animaux ;
  • Accès au marché : elles permettent l’établissement des liens d’affaire entre acheteurs et vendeurs

Les expériences fonctionnelles en matière des TIC en agriculture sont relatives à l’utilisation du téléphone portable : Mr GOUNOU qui est un entrepreneur agricole a partagé son expérience de livraison de ses produits dans les pays comme le Japon, la Chine dans les 48 heures après la commande sur le digital ; l’ordinateur ; la radio pour la diffusion des informations en agriculture. Il a été présenté l’expérience du MAEP  sur le centre d’appel qui un système de collecte des données, d’information en cours à Djidja, Savè et Glazoué et le système Arlete par messagerie. Celle de ACMA a été également partagée.

Les grandes recommandations issues des échanges se résument à :

Les producteurs et l’Etat doivent partager les responsabilités pour l’investissement

L’Etat doit créer un environnement favorable pour les entreprises qui investissent dans les TIC ;

Large information des Acteurs agricoles sur le projet I –AGRICULTURE du gouvernement

Réalisation d’étude sur l’utilisation actuelle des TIC, les avantages et les contraintes sur agriculture béninoise.

     2. Education financière et conseil de gestion : quelle contribution pour la professionnalisation des exploitations familiales agricoles

M. Tiburce KOUTON, Directeur AMAB a dirigé la police des débats en qualité de Modérateur pour cette table ronde. Le panel étant constitué de :

  • Alain AGUIDA, Conseiller Technique ProCIVA/GIZ
  • Moutalabi Damien AGUEH, Directeur de la Qualité, de l’Information et de la Formation Entrepreneuriale (DQIFE/MAEP)
  • Serge AKPOVO, Conseiller Intelligence de marché Profi/ENABEL
  • Pascal GBENOU, Agriculteurricma-2018-panel

L’exercice a consisté à clarifier les concepts éducation financière – conseil de gestion ainsi que les liens qui existent entre eux d’une part et d’expliquer comment ils contribuent à la professionnalisation des exploitations d’autre part. Les Panélistes ont procédé à un état des lieux duquel il ressort que l’une des causes prépondérantes du surendettement des Acteurs agricoles est l’utilisation du crédit à des fins autres que celles initialement prévue et de facto une mauvaise gestion du crédit. C’est la raison pour laquelle l’éducation financière est importante pour permettre aux clients non seulement de faire une meilleure gestion des crédits reçus mais aussi pour mieux préparer la demande de crédit et négocier les conditions de crédits en amont. L’éducation financière a été donc définie comme l’ensemble des connaissances mises à disposition des demandeurs de crédits (Producteurs, Eleveurs Pêcheur etc) pour accéder de façon optimale au service financier et assurer une bonne gestion du crédit reçu. Elle est essentielle pour éviter le surendettement et permet in fine au client de pouvoir rembourser son crédit aisément et par ricochet permettre d’assurer la viabilité et la pérennisation des institutions financières. La conceptualisation et la mise en œuvre d’un programme d’éducation financière adapté et ciblé nécessitent toutefois des moyens dont les institutions financières et les partenaires techniques ne disposent pas.

L’éducation financière et le conseil de gestion pour mieux servir les acteurs agricoles doivent répondre aux questions telles que :

  • Quelles méthodes de vulgarisation, de conseils, peuvent être adaptées aux besoins actuels des exploitants familiaux agricoles ?
  • Quelles sont les  dispositions pour les prendre en charge et pour améliorer l’efficacité de la vulgarisation ?

Pour des solutions efficaces aux questionnements, l’intervention de l’Etat central est vivement souhaitée pour une structuration de l’éducation financière en étroite collaboration avec les acteurs et parties prenantes. L’une des options qui s’offre est d’étudier l’introduction de l’éducation financière et le conseil de gestion dans les cursus scolaires. Ces propositions de solutions ont permis de formuler au terme de la table ronde les recommandations suivantes :

  • Développer des méthodes adaptées aux producteurs non alphabétisés et en particulier aux paysannes qui contribuent largement à la production agricole mais aussi à la transformation et à la commercialisation des produits ;
  • Valoriser davantage les savoirs paysans ;
  • Associer les Organisations de Producteurs (OP) à la gestion des dispositifs de conseil ;
  • Développer des relations avec d’autres équipes travaillant sur le conseil de gestion d’exploitation
  • Développer des méthodes de suivi-évaluation et de mesure d’impact à différents niveaux (exploitations bénéficiant du conseil, OP participant au CEF, villages, petite région, filières concernées…), car il est fait le constat de la difficulté d’évaluer l’impact des expériences en cours faute d’outils ou de dispositifs appropriés.

Jeudi 27 septembre 2018

Transition agro écologique et biologique : nécessite de conciliation des objectifs d’amélioration de la productivité, de la qualité et de la gestion durable de l’environnement

ricma-201-panelAvec la modération de Madame Delphine BODJRENOU, Spécialiste Bio OBEPAB Bénin, cette quatrième et dernière table ronde des rencontres  a été animée par :

  • Monsieur Jean Paul ADIHA, Agriculteur ;
  • Monsieur Alexis ADIFON, Formateur Senior ProSOL/GIZ ;
  • Monsieur Lionel CHABI-CHINA Représentant du Directeur Helvetas

Le partage des informations et expériences des panélistes s’est articulé autour  de la définition du concept de l’agriculture écologique biologique, son intérêt dans  le contexte Béninois en l’occurrence pour les petits producteurs et les contributions.

L’agriculture écologique est toute forme de pratiques agricoles qui tiennent compte du respect et de la protection de des ressources naturelles de l’environnement. En d’autres termes c’est l’agriculture qui ne connait pas d’intrants chimiques de synthèse comme le NPK, l’urée et les pesticides. L’agriculture biologique écologique aborde dans le même sens du respect de l’environnement  dont  la certification est obligatoire. Elle apparait face aux constats fait de nos jours qui sont la pauvreté des sols (près de 91% des sols du Zou sont dégradés), la cherté de la main d’œuvre, la qualité de l’aliment et l’exode rural.  Tout ceci aboutit à de faible rendement. Les producteurs crient déjà au secours face à ces difficultés. L’agriculture biologique écologique devient alors urgente et a un intérêt capital au Bénin pour la régénérescence des sols et l’amélioration de la productivité. Il importe de quitter l’agriculture brute pour une agriculture  plus souple et rentable. ProSol travaille déjà dans ce sens en proposant des solutions aux petits producteurs pour la fertilité des sols.

Les panélistes ont donnés des mesures à utiliser en agriculture biologique écologique pour améliorer la productivité par la fertilisation des sols. Il s’agit entres autres :

  • Le changement de mentalité et de comportement comme première mesure en agriculture biologique écologique ;
  • La gestion intégrée de la fertilisation des sols : utilisation des légumineuses herbacées (mucuna et sa biomasse, espèces arbustives), et des légumineuses à grains (soja, niébé, pois d’angole et arachide) ;
  • La conservation de l’eau ;
  • Le paillage ;
  • La gestion des légumes de récoltes ;
  • L’adoption des semis étalés ;
  • L’association de culture avec respect des alignements ;
  • L’utilisation des résidus de récolte (tiges de maïs par exemple) ;
  • L’utilisation du compost ;
  • L’utilisation des résidus d’akassa pour lutter contre les ravageurs

Les participants à cette table ronde ont donné leurs contributions et expériences pour renchérir le débat. Il en ressort que l’agriculture biologique écologique est une bonne initiative mais difficile à exécuter selon les propos de l’assistance et il n’existe pas assez d’expériences concrètes, pratiques ni de chiffre en terme de rendement pour motiver les petits producteurs à adopter. Mais les panélistes ont quand même partagés l’expérience d’un producteur qui a fait l’essai dans son champ pour produire le maïs en fertilisant le sol avec les plantes naturelles (mucuna) sur une parcelle et avec l’engrais chimique sur une autre. Le résultat de la récolte a donné plus de rendement sur la parcelle sans engrais que sur celle avec engrais.

TRIBUNE DES ORGANISMES DE FINANCEMENT

Quatre organismes de financement ont présenté à tour de rôle leurs différents produits et services aux participants. Le tableau ci-dessous fait le récapitulatif sur les présentations

Organisme Produits/Services
01 MTN 03 produits ont été présentés aux Participants. Lesquels produits sont tous relatifs à la circulation en sécurité des fonds entre les milieux urbains et ruraux.
02 ECOBANK Le seul produit présenté par ECOBANK repose sur des opérations bancaires via les téléphones portables
03 ALIDE Il s’agit des types de crédits octroyés aux acteurs agricoles. C’est l’expérience du Zou et des Collines qui a constitué la thématique de l’exposé du SFD
04 AMAB Il s’agit des produits d’assurance agricole mis à la disposition des producteurs et éleveurs. Des exemples de cas de dédommagement de sinistrés dans les communes de N’Dali, Bembèrèkè ont été cités pour convaincre les participants de la fonctionnalité de l’AMAB.

 

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